La montée en puissance de l'armée chinoise
En un peu plus de vingt ans, l’Armée populaire de libération
(APL) a cessé d’être une force essentiellement terrestre, héritière des
campagnes continentales du XXe siècle, pour devenir une machine militaire
conçue autour d’un théâtre précis : le Pacifique occidental, et d’abord le
détroit de Taïwan. Cette mutation n’est pas seulement quantitative. Elle
articule marine, missiles, aviation, bases durcies, flotte civile mobilisable
et arsenal nucléaire dans une logique unique : isoler une île, empêcher une intervention
américaine et, le cas échéant, débarquer et tenir. Thomas Shugart, dans War
on the Rocks, met en garde contre une lecture trop rassurante de cette
réalité. Les lacunes de l’APL existent mais elles ne suffisent pas à conclure
qu’une opération contre Taïwan resterait hors de portée.
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