Bataille de Lyman : une analyse (Veille Stratégique)
Au nord de Lyman, les premiers signes d'une opération
ukrainienne contre la tête de pont russe ne commence pas en septembre. Elle
remonte au début du mois de juin comme nous le soulignions à l'époque dans
notre bulletin n°205 en date du 8 juin, lorsque les premières contre-attaques
ukrainiennes sont signalées dans le secteur de Stavky. Dès la mi-juin, des
sources russes relatent une série d’assauts ukrainiens dans ce secteur, la
reprise d’approches et la pression sur les abords du parc des Monts Sacrés, tandis
que les combats restent âpres autour de Lyman même. Ces premiers constats
importent, car ils fixent l’échelle du temps. Ce que Kiev officialise le 15
septembre sous le nom d’opération "Vivaldi" n’est pas l’ouverture
soudaine d’une offensive. C’est la levée partielle d’un silence que le 3e corps
a cherché à prolonger aussi longtemps que possible, afin de dissimuler la
manœuvre en cours pendant que les gains s’accumulaient sur le terrain.
Quand ça résiste de trop, les russes reculent en utilisant intensément leurs appuis-feux pour faire le maximum de victimes dans le camp d'en face pendant leur retraite tactique.
RépondreSupprimerSi c'était si victorieux comme offensive éclaire, les ukrainiens montreraient des dizaines de prisonniers russes ou leurs cadavres jonchés à même le sol ce qui prouverait une débandade de l'armée russe. C'est Azov qui s'occupe du secteur, donc ce sont des troupes motivées par la reconquête du terrain perdu et le général Drapatiy fraichement nommé comme CEMA doit prouver à Kiev qu'il est capable de succès tactiques sur le terrain.
De toute manière, le Donbass offre l'avantage aux ukrainiens, de par sa topographie, son urbanisation, ses fortifications, les russes doivent déployer beaucoup plus d'efforts pour grignoter la région que les ukrainiens à qui ils manquent des appuis feux pour repousser efficacement les russes sur le long terme. C'est le jeu incessant du chat et de la souris.
Il est crucial pour les ukrainiens de repousser les russes sur l'autre rive de la rivière Zherebets dans ce secteur sinon ce serait l’accélération de l'encerclement opératif de la conurbation Sloviansk-Kramatorsk. Comme ceci on retrouvera cette partie du front en 2027 en mouvement.