Rupture des négociations à Islamabad. On est repartis à la case départ, le cessez-le-feu va être rompu ou l'est déjà. Le droit international, c'est à dire la convention de Montego Bay du 10 décembre 1982, stipule qu'il est interdit à toutes nations d'imposer un péage national sur un passage maritime international, c'est à dire que les treize détroits stratégiques référencés dans le monde (Ormuz en faisant partie bien évidemment) ne peuvent prétendre à être soumis à un droit de passage payant. Bien évidemment les USA ne sont pas signataires de cet accord international, donc Trump a dit qu'il pouvait participer à cette forme d'arnaque avec l'Iran. Pour l'Iran, c'est un moyen de financer sa reconstruction bien évidemment car à part les chinois et les russes personne ne lui viendra en aide.
La CGM, la compagnie maritime française a trouvé le moyen de sortir du détroit d'Ormuz. Le porte container qui est passé a déchargé sa cargaison aux E.A.U, la fait transiter par la route, et la récupérer sur un port de la mer d'Oman. Bien évidemment, ça coûte cher, mais comme tu es vide au passage du détroit, t'as rien à assurer au niveau marchandise et tu n'embêtes pas les iraniens. Source : Alain Juillet dans le Samedi Politique sur TVLibertés ce samedi.
Dans un article intitulé « L’Empire insurgé », verbeux mais bien intéressant, Big Serge analyse le conflit en cours (et sur le point de reprendre) comme une stratégie léniniste des USA, comparable à celle des bolcheviks. Une insurrection mais par d’autres moyens. Quelques extraits pour résumer.
« Ce [que les USA envisagent], c’est quelque chose de remarquablement similaire au manuel de l’insurgé, exécuté à l’extrémité opposée du spectre technologique : rendre l’existence du régime iranien en tant qu’autorité gouvernante de son propre territoire incroyablement coûteuse ; lui refuser l’exercice d’un contrôle souverain sur ses propres actifs militaires et industriels ; imposer des coûts qui s’accumulent plus vite qu’ils ne peuvent être absorbés ; et par cette pression soutenue, soit forcer un changement de comportement, soit créer les conditions de l’effondrement interne du régime.
» Il existe un concept dans la doctrine de la contre-insurrection — l’espace non gouverné — qui désigne un territoire nominalement sous souveraineté gouvernementale mais effectivement hors de sa portée administrative et sécuritaire. Les exemples canoniques pourraient inclure les zones tribales du Pakistan, les déserts du Sahel et les archipels du sud des Philippines. Ces espaces deviennent dangereux précisément parce que l’absence de gouvernance efficace crée des vides que les acteurs non étatiques, les réseaux criminels et les organisations terroristes se précipitent pour combler. » Ce qui se passe aujourd’hui en Iran est structurellement similaire, mais l’Amérique tente de le générer de l’extérieur par la puissance aérienne (...). La campagne aérienne américaine et israélienne est, dans un sens très réel, une tentative de fabriquer un espace non gouverné sur le territoire iranien (…) C’est un refus de souveraineté en tant qu’objectif stratégique, atteint non pas par l’occupation mais par la pulvérisation aérienne des instruments par lesquels la souveraineté est exercée. La récente initiative visant à élargir le ciblage pour inclure les infrastructures est parfaitement cohérente avec cette théorie. » Ni une force de guérilla ni les forces aériennes américaines ne se soucient vraiment d’exercer leur propre autorité politique, car leur paradigme de victoire exige seulement qu’ils refusent ce contrôle à l’ennemi.»
L’état final recherché : faire de l’Iran un état poubelle, un « Trashcanistan » dit Big Serge, ce qu’était devenue la Syrie d’Assad juste avant son effondrement.
Le général italien Giulio Douhet, soutenait dans son livre influent de 1921 , Le Commandement de l’Air , que le bombardement stratégique pouvait gagner une guerre avec une implication minimale des forces terrestres, en brisant la volonté de la population ennemie. Cela s’est révélé faux par la suite, mais cette thèse est en quelque sorte réactivée par les USA et Israël sous une autre forme.
« Les interventions ratées et les guerres laissent derrière eux des États brisés, mais l’essentiel est qu’ils peuvent être laissés derrière. La résurgence des talibans, par exemple, est principalement un problème pour les voisins de l’Afghanistan, comme le Pakistan.»
Le problème est que cette stratégie valide, par son succès même, les efforts de la Corée du Nord - par exemple - pour se mettre à l’abri par sa dissuasion nucléaire menaçante. L’Amérique innove vers un modèle militaire de supériorité conventionnelle écrasante, et ce faisant, crée les conditions d’une cascade de proliférations nucléaires qui rend ce modèle stratégiquement obsolète en tant qu’instrument coercitif face à une part croissante d’adversaires concernés qui n’auront d’autre choix que de se nucléariser.
Laisser des États croupions dans la région, laisser le chaos derrière soi pour que rien ne repousse, Israel se contentera d'y régner avec son arme nucléaire non officialisée, on revient toujours aux plans Oded Yinon des années 80 et Clean Break des années 90 que Netanyhaou a eus en mains. Ce pourquoi, Bibi a poussé Trump à intervenir en février dernier en traçant un plan stratégique bien en deçà de la réalité, il a sous estimé l'ennemi, est-ce volontaire de sa part ou ses services de renseignements sont incompétents ? Quoi qu'il en soit il n'en fait qu'à sa tête pour la sauver. En tous les cas, aujourd'hui ce sont le Liban et Cuba qui ramassent l'addition.
Il est crucial de ne pas laisser un chimpanzé jouer avec une grenade. Je sais à QUI vous pensez mais ça n'est pas cela : la grenade FRUIT est toxique pour les primates.
Rupture des négociations à Islamabad. On est repartis à la case départ, le cessez-le-feu va être rompu ou l'est déjà.
RépondreSupprimerLe droit international, c'est à dire la convention de Montego Bay du 10 décembre 1982, stipule qu'il est interdit à toutes nations d'imposer un péage national sur un passage maritime international, c'est à dire que les treize détroits stratégiques référencés dans le monde (Ormuz en faisant partie bien évidemment) ne peuvent prétendre à être soumis à un droit de passage payant.
Bien évidemment les USA ne sont pas signataires de cet accord international, donc Trump a dit qu'il pouvait participer à cette forme d'arnaque avec l'Iran.
Pour l'Iran, c'est un moyen de financer sa reconstruction bien évidemment car à part les chinois et les russes personne ne lui viendra en aide.
La CGM, la compagnie maritime française a trouvé le moyen de sortir du détroit d'Ormuz. Le porte container qui est passé a déchargé sa cargaison aux E.A.U, la fait transiter par la route, et la récupérer sur un port de la mer d'Oman. Bien évidemment, ça coûte cher, mais comme tu es vide au passage du détroit, t'as rien à assurer au niveau marchandise et tu n'embêtes pas les iraniens.
RépondreSupprimerSource : Alain Juillet dans le Samedi Politique sur TVLibertés ce samedi.
Dans un article intitulé « L’Empire insurgé », verbeux mais bien intéressant, Big Serge analyse le conflit en cours (et sur le point de reprendre) comme une stratégie léniniste des USA, comparable à celle des bolcheviks. Une insurrection mais par d’autres moyens. Quelques extraits pour résumer.
RépondreSupprimer« Ce [que les USA envisagent], c’est quelque chose de remarquablement similaire au manuel de l’insurgé, exécuté à l’extrémité opposée du spectre technologique : rendre l’existence du régime iranien en tant qu’autorité gouvernante de son propre territoire incroyablement coûteuse ; lui refuser l’exercice d’un contrôle souverain sur ses propres actifs militaires et industriels ; imposer des coûts qui s’accumulent plus vite qu’ils ne peuvent être absorbés ; et par cette pression soutenue, soit forcer un changement de comportement, soit créer les conditions de l’effondrement interne du régime.
» Il existe un concept dans la doctrine de la contre-insurrection — l’espace non gouverné — qui désigne un territoire nominalement sous souveraineté gouvernementale mais effectivement hors de sa portée administrative et sécuritaire. Les exemples canoniques pourraient inclure les zones tribales du Pakistan, les déserts du Sahel et les archipels du sud des Philippines. Ces espaces deviennent dangereux précisément parce que l’absence de gouvernance efficace crée des vides que les acteurs non étatiques, les réseaux criminels et les organisations terroristes se précipitent pour combler.
» Ce qui se passe aujourd’hui en Iran est structurellement similaire, mais l’Amérique tente de le générer de l’extérieur par la puissance aérienne (...). La campagne aérienne américaine et israélienne est, dans un sens très réel, une tentative de fabriquer un espace non gouverné sur le territoire iranien (…) C’est un refus de souveraineté en tant qu’objectif stratégique, atteint non pas par l’occupation mais par la pulvérisation aérienne des instruments par lesquels la souveraineté est exercée. La récente initiative visant à élargir le ciblage pour inclure les infrastructures est parfaitement cohérente avec cette théorie.
» Ni une force de guérilla ni les forces aériennes américaines ne se soucient vraiment d’exercer leur propre autorité politique, car leur paradigme de victoire exige seulement qu’ils refusent ce contrôle à l’ennemi.»
L’état final recherché : faire de l’Iran un état poubelle, un « Trashcanistan » dit Big Serge, ce qu’était devenue la Syrie d’Assad juste avant son effondrement.
Le général italien Giulio Douhet, soutenait dans son livre influent de 1921 , Le Commandement de l’Air , que le bombardement stratégique pouvait gagner une guerre avec une implication minimale des forces terrestres, en brisant la volonté de la population ennemie. Cela s’est révélé faux par la suite, mais cette thèse est en quelque sorte réactivée par les USA et Israël sous une autre forme.
« Les interventions ratées et les guerres laissent derrière eux des États brisés, mais l’essentiel est qu’ils peuvent être laissés derrière. La résurgence des talibans, par exemple, est principalement un problème pour les voisins de l’Afghanistan, comme le Pakistan.»
Le problème est que cette stratégie valide, par son succès même, les efforts de la Corée du Nord - par exemple - pour se mettre à l’abri par sa dissuasion nucléaire menaçante. L’Amérique innove vers un modèle militaire de supériorité conventionnelle écrasante, et ce faisant, crée les conditions d’une cascade de proliférations nucléaires qui rend ce modèle stratégiquement obsolète en tant qu’instrument coercitif face à une part croissante d’adversaires concernés qui n’auront d’autre choix que de se nucléariser.
Laisser des États croupions dans la région, laisser le chaos derrière soi pour que rien ne repousse, Israel se contentera d'y régner avec son arme nucléaire non officialisée, on revient toujours aux plans Oded Yinon des années 80 et Clean Break des années 90 que Netanyhaou a eus en mains.
SupprimerCe pourquoi, Bibi a poussé Trump à intervenir en février dernier en traçant un plan stratégique bien en deçà de la réalité, il a sous estimé l'ennemi, est-ce volontaire de sa part ou ses services de renseignements sont incompétents ? Quoi qu'il en soit il n'en fait qu'à sa tête pour la sauver.
En tous les cas, aujourd'hui ce sont le Liban et Cuba qui ramassent l'addition.
Il est crucial de ne pas laisser un chimpanzé jouer avec une grenade. Je sais à QUI vous pensez mais ça n'est pas cela : la grenade FRUIT est toxique pour les primates.
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