UKRAINE : SITREP du 25 avril 2026 (Weeb Union)


 

Commentaires

  1. Intervention de Bernard Wicht sur le média Antithèse.
    Au Moyen-Orient, une puissance régionale tient tête à une puissance planétaire au point de vue militaire, ce qui montre que les USA sont sur le déclin. Israel a des problèmes de recrutement, il vient de recruter 400.000 réservistes, mais il en manque, ce pourquoi il veut en recruter 50.000 chez les ultraorthodoxes qui ne font pas leur armée pour des raisons religieuses, ce qui crée de fortes tensions dans la société israélienne. Ne pas oublier que 30% de la population israélienne est pauvre, l'économie du pays va très mal.

    Le complexe militaro-industriel n'est pas suffisant en Ukraine face à cette forme d'attrition imposée par les russes. L'aide militaire apportée par les européens et l'Otan s'est tarie. Alors les ukrainiens utilisent la technologie civile pour maintenir leur effort de guerre, imprimantes 3D pour fabriquer des drones, la téléphonie pour les guider, et des compagnies privées militarisées sur le terrain à défaut de posséder une armée nationale structurée. Ce mode d'action permet aux ukrainiens de durer avec des coûts faibles de production de guerre.
    Les russes agissent à un stade stratégique, les ukrainiens ne peuvent qu'évoluer au niveau tactique. L'objectif de Moscou est d'annihiler la démographie ukrainienne en âge de se battre sur le front, tout doucement mais sûrement. En 1991 il y avait 51 millions d'habitants en Ukraine, en 2017 estimation de 39 millions d'habitants, en 2025 estimation de 29 millions d'habitants. En 2022, la Russie employait son artillerie essentiellement sur les éléments humains de l'armée ukrainienne, quand la guerre était encore en mouvement.
    Kiev résiste à l'armée russe en instituant une zone de mort grâce à l'ultra surveillance de leurs drones de reconnaissance sur 20 km autour du front avec le relais de leurs drones kamikazes à pas cher.
    On se retrouve dans un contexte de guerre 14-18 lorsque les mitrailleuses et l'artillerie bloquaient toutes progressions de l'infanterie sur le front. Alors les ukrainiens, du fait de leur faiblesse démographique et des pertes enregistrées au sein de leurs effectifs depuis 2022, laissent l'adversaire progresser au sein de leurs lignes afin qu'il s'affaiblisse en abattant une pluie de drones kamikazes sur son infanterie qui tente de progresser dans un milieu urbain piégeux, comme le Donbass.

    On peut déjà penser des armes de neutralisation concernant les drones kamikazes FPV. Lors de la guerre du Vietnam, les nord-vietnamiens avaient disposé à la cime des arbres ou des pitons rocheux des mines antiaériennes. Elles étaient capables de projeter des éclats jusqu'à 100 ou 200 mètres de hauteur, si bien que les chasseurs US d'attaque au sol se faisaient descendre ou étaient endommagés. La Bulgarie vient de sortir des mines antiaériennes anti drones capables d'envoyer des éclats à 300 mètres de hauteur. Il suffirait d'un système de détection phonique pour déclencher le processus. On pourrait alors imaginer des champs de mines antiaériennes pour protéger des cibles stratégiques ou empêcher les frappes de drones kamikazes sur le front afin de faire mieux progresser son infanterie, mais ceci fonctionnerait mieux hors des villes sur des terrains dits ouverts.

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  2. Intervention de Bernard Wicht sur le média Antithèse. Partie II.
    La Russie économise ses hommes sur le front ukrainien, elle a eu recours aux milices tchétchènes lors de la bataille de Marioupol, à la milice Wagner pour la bataille de Bakhmout et Soledar, à des troupes nord-coréennes sur son sol sur le front de Koursk, et puis elle a pris le pli des drones très rapidement pour aussi des raisons économiques. Moscou ne veut pas reconnaitre ou plutôt revivre le drame national des mères, des veuves, et des enfants des soldats russes de retour d'Afghanistan en février 1989.
    Cela avait suscité une forte émotion au sein de la société civile russe, ce fut le début de la dislocation de l'Empire soviétique. Le Kremlin veut éviter de vivre des problèmes de politique intérieure à cause d'un drame social généré par les conséquences de la guerre en Ukraine toujours en cours.

    Par contre, tous les mercenaires ukrainiens aguerris démobilisés après guerre ou leurs anciens soldats pourraient se retrouver recycler dans des mafias en Europe.
    C'est pourquoi, entre autre, les européens qui ont conscience de ce danger continuent à subventionner cette guerre afin de retarder ce problème de sécurité. Les organisations criminelles en particulier les narcotrafiquants vont avoir besoin de gens comme cela, pour assurer leur sécurité ou provoquer des raids contre des gouvernements ou des institutions afin de maintenir une pression permanente et assurer une continuité dans leurs affaires illicites. C'est ce qui se passe au Mexique avec des attaques de drones contre des commissariats menées par des gangs affiliés à du commerce avec la drogue.

    Les USA sont sur le déclin car les coûts sont supérieurs aux bénéfices pour se maintenir en position d'hégémonie mondiale.
    La privatisation de son armée est favorable pour ne pas faire intervenir le Congrès dans une guerre officiellement déclarée par al Maison Blanche que l'opinion publique américaine rejetterait en masse. Les "contractors" permettent d'organiser efficacement les guerres par procuration, de faire le sale boulot sans que le gouvernement fédéral se salisse les mains.
    Mais tout cela ne fait pas une armée. Le complexe militaro-industriel fait du fric mais pas des armements efficaces pour la défense du pays qui s'est désindustrialisé. Leur système éducatif et de santé sont défaillants, on ne fait plus d'ingénieurs ni de techniciens, technologiquement ils dépendent du monde même pour le domaine militaire, la première marque de voiture vendue aux USA est Toyota, rien du Iphone est produit aux USA, il n'y a qu'une économie financière qui profite à une ultra minorité.
    La mondialisation "heureuse" et le libre échange, c'est terminé, plus aucune institution mondiale de régulation ne fonctionne, le financement américain de l'Otan se termine, les droits de douane de Trump sont illusoires pour refaire redémarrer économiquement ou réindustrialiser les USA en un minimum de temps.
    Les brillants jeunes universitaires américains nouvellement diplômés se dirigent vers les médias, la finance ou les conseils économiques comme avocats d'affaire, là où les gros salaires se trouvent. Par contre, plus un Empire est sur le déclin plus il devient belliciste, c'est ce qui se passe avec Washington depuis des années et on le voit avec le dossier iranien tous les jours.

    La Wehrmacht avait dit à Hitler qu'elle serait prête durant l'année 1944 pour attaquer l'Europe, les évènements en ont décidé autrement dès septembre 1939, malgré le fait que Berlin ait réussi à donner le change pendant plus de trois ans, le résultat fut sans appel en mai 45. C'est ce qui est un peu arrivé aux USA avec le dossier ukrainien et iranien. On donne le change mais les résultats ne sont TOUJOURS pas au rendez-vous.

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  3. Une possible explication pour la non destruction des ponts sur le Dniepr ?
    Apparemment, ces ponts qui datent de l'époque sovietique sont bâtis en acier et béton de façon si solide que ça prendrait des dizaines de missiles concentrés en un point pour juste endommagé le pont. Les drones eux n'y peuvent rien.
    Reste à savoir si cette explication que j'ai trouvé sur un blog d'ingénierie est plausible car 1000 kilos d'explosif arrivant à haute vitesse, ça fait quant même des dégats.

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    1. Ce n'est pas encore l'objectif des russes pour le moment, Moscou va continuer cette lente guerre d'attrition afin d'achever la démographie combattante du pays, c'est leur garantie de sécurité à l'avenir pour ne pas remettre le couvert quand eux aussi connaitront une baisse de leur démographie.
      Les ukrainiens pourraient très bien les faire sauter dans le cas d'une retraite générale, moins il reste de monde sur la rive orientale du Dniepr plus les russes se sentiront sécurisés à l'avenir, les ponts aident à faire déguerpir sur l'autre rive la population qui ne les soutient pas.

      Ce sont pratiquement que les drones qui font la guerre du côté ukrainien aujourd'hui afin de retenir les poussées russes sur le front.
      Les ukrainiens n'ont quasiment plus d'artillerie, plus d'obus, plus de blindés d'infanterie, plus d'armes lourdes, plus de missiles intercepteurs, plus de chars lourds de combat, plus de défense antiaérienne, et une démographie militaire qui s'épuise de mois en mois. L'économie du pays est par terre, elle se maintient tant bien que mal aujourd'hui grâce aux subventions européennes, le régime politique est aux abois en permanence demandant de l'aide à tout le monde en l'absence du soutien direct des USA.

      Les ponts sur le Dniepr ne représentent pas un objectif primordial pour le Kremlin, surtout s'il faut s'acharner dessus en permanence pour les détruire à cause de leur structure renforcée.
      Ce qui montre bien que les russes ne cherchent pas à envahir l'Ukraine, même la totalité de l'Ukraine de la rive orientale. C'est bien de désarmer Kiev dans sa totalité, aussi bien humainement que matériellement pour que cela aboutisse à une banqueroute nationale et une destruction du régime politique.

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    2. Le problème avec une stragégie lente et méthodique est que l'on souffre aussi.
      La raffinerie de Touapse est très gravement endommagée.
      Les raffineries à Perm et Samara le sont aussi mais à une moindre mesure.
      Plus la Russie donne de temps à l'Ukraine et plus, avec l'aide européenne, les dommages seront importants sur l'infrastructure pétrolière russe qui est vitale pour le pays.
      Je crois qu'il faut arrêter de penser que l'armée ukrainienne va s'écrouler sans un assaut massif russe, ça n'arrivera pas.
      Les européens sont all in pour soutenir l'Ukraine et leur aide, quoique que ne permettant pas d'éviter la défaite finale, est suffisante pour maintenir le pays au combat encore très longtemps et d'infliger des dommages très importants au secteur énergétique si les russes ne changent pas de stratégie.

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    3. Avec la crise iranienne et Ormuz les paramètres changent, le cours du pétrole Sakhaline en Sibérie est supérieur à celui de l'Oural, Poutine redistribue son pétrole en Asie, à encore plus cher sur des contrats à court terme à destination de la Malaisie et de l'Indonésie en priorité.
      Les drones ukrainiens ne vont pas en Sibérie et 13% des surfaces russes n'ont pas encore été prospectées en termes de recherche des hydrocarbures en Russie, il y en reste.
      Nous, nous bloquons des méthaniers russes ou plutôt nous faisons semblant pour donner le change alors que nous achetons à tours de bras du gaz russe sous forme de GNL, nous avons battu le record des importations le mois dernier à ce sujet. Les exportations pétrolières et gazières russes en valeur ne se sont jamais aussi bien portées que depuis mars dernier.
      Donc Poutine travaille pour ouvrir la voie maritime du Nord avec ses brise-glaces atomiques où il aura la paix, les chinois sont de la partie.
      Tout le monde se tient par la barbichette.
      Par contre, l'opinion publique russe commence à en avoir un peu marre de cette guerre, réaction du Kremlin internet leur a été coupé, mais c'est du fait des victimes civiles dues aux drones ukrainiens qui s'abattent sur la population.
      Les russes seront 120 millions en 2100, c'est une projection démographique, ils ne vont pas conquérir un territoire grand comme l'Ukraine, cela se terminera comme la RDA/RFA une fois que les 4 oblasts seront conquis.
      Et on paiera la facture.

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  4. Les ukrainiens ont inventé une nouvelle façon d'intercepter les drones russes kamikazes longue portée de type Geran propulsés à l'aide d'une hélice.
    Grâce à un AN-28, avion de transport bimoteur léger dont le premier vol a été réalisé en 1969, les ukrainiens fixent sous ses ailes des drones intercepteurs légers de type P1-SUN pour aller intercepter les drones Geran, l'avion étant équipé d'appareillages électro-optiques pour guider le drone sur sa cible de jour comme de nuit.
    Moyen très économique pour intercepter des drones qui sont eux aussi très économiques à produire.

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  5. Considérations inactuelles : L'Iran est confronté à des adversaires puissants qui lui ont porté des coups très durs, mais, ne manquant pas de moyens pour continuer la guerre, il refuse de capituler. Si on se réfère à la capitulation de la France en 1940, on ne peut qu'être surpris. Certes ni les USA ni Israël n'ont saisi une parti du territoire iranien. À ce point près, on s'interroge : en 1940, comme d'ailleurs en 1870, ne s'agissait-il pas, pour une partie des élites et de l'armée, de perdre vite, de proclamer que la situation était perdue et de provoquer ainsi le changement espéré de régime politique ?

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    1. En 1870, une certaine élite dite républicaine a profité de la défaite militaire de l'Empire à Sedan pour proclamer la troisième République, ce qui leur a permis de poursuivre la guerre à la grande surprise des allemands qui ont dû poursuivre leurs efforts guerriers vers la capitale.
      Cette défaite a servi leurs objectifs.

      En 1940, c'est un effondrement militaire suivi d'une invasion rapide du pays par l'armée allemande, il a fallu se rattraper aux branches instamment dans l'immédiateté de la situation tragique que connaissait le pays. Une majorité de l'élite ne voulait pas continuer le combat, le traumatisme de la grande guerre a dû jouer un rôle. Cependant, notre Empire colonial a permis d'éviter dans un premier temps le fait d'avoir un gauleiter administrant la totalité du pays comme dans les autres pays d'Europe, d'où la naissance du régime de Vichy.

      En Iran, le régime s'est militarisé ces dernières années, les mollahs restent de plus en plus discrets, ils ont dû assouplir des règles religieuses à l'égard de la population. Ceux qui détiennent les armes du pays dirigent la barque à présent c'est à dire les durs du régime, le peuple s'est soudé à eux, la situation politique ne bougera pas dans un avenir proche.
      C'est après le conflit que des changements sont à attendre, ils seront poussés par la volonté de la population afin d'éviter de revivre cela une nouvelle fois. Soit le régime des gardiens de la révolution sera renforcé définitivement soit il devra faire des concessions ou se doter de l'arme nucléaire.
      Quant au guide spirituel, il est une victime du conflit comme son père, mais il devra s'adapter aux changements de direction du pays.
      D'ailleurs les progressistes du régime restent silencieux, il n'y aura pas de coup d’État dans l'immédiat, on n'est pas au Venezuela, personne ne s'est vendu à Washington. Si le régime fait plier la volonté de Washington, il connaitra une petite heure de gloire, il en profitera.

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    2. Oui, l'industrie Iranienne ainsi que le commerce iranien ont certainement moins d'interactions avec les USA que ne l'avaient entre elles les intérêts des industriels allemands et français (houille, fer). Cela peut être du aux sanctions, l'éloignement géographique et le choix par l'Iran d'une domination de l'état du secteur pétrolier et gazier.

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