Merci. Dossier d'Olivier Dujardin sur les missiles russes. Partie 1.
Depuis 51 mois les russes ont envoyé 5 800 missiles guidés sur l'Ukraine de tous types. En 2022, leur réserve stratégique s'établissait entre 2000 et 2300 missiles. En 2022, les russes ont tiré plus qu'ils ne pouvaient produire, comme viennent de le faire les USA avec le dossier iranien. Ce pourquoi en tout début d'année 2023, les russes ont copié les iraniens avec leurs drones longue portée kamikazes Shahed parce que leur réserve stratégique en missile avait pris l'eau. Il ne faut pas oublier l'aide des nord-coréens avec leur missiles balistiques KN-23, la copie de l'Iskander en 2023 également. C'est à cette époque où on entendait que les russes n'ont plus de missiles sur tous nos médias nationaux. Le creux de la vague s'est concentré entre décembre 2022 et juin 2023 et ce n'est qu'à partir de juillet 2023 que les capacités industrielles de la Russie sont remontées en termes de production de missiles. La capacité de production de KH-101 est passée de 15% à 40% en décembre 2024. L'hiver dernier on a atteint des records en tir de missiles de la part des russes avec 288 missiles tirés en février 2026.
Moscou a réagi avec son complexe militaro-industriel et aujourd'hui : - La production de missiles KH101- KH555 a été X 12 soit 700 unités par an. - 30 à 40 missiles KALIBR produits par mois, soit 450 sur les deux dernières années. - P-800 ONIKS, cadence de production de 10 par mois, stock aux alentours de 700, taux d’interception 5.69% soit 12 sur 211 de tirés depuis le début du conflit. - ISKANDER M 9M723, en 2023 la production a été X6, production de 60 à 70 mois, augmentation de 1500% depuis 2022, en 2024-2025 ajout de 303 unités complémentaires à produire. - ISKANDER K 9M729, 20 produits par mois avec une portée supérieure à 500 km. - Le KHINZAL était produit à raison de 2 unités par mois en 2023, en 2025 ils produisent 15 unités par mois, stock aux environs de 150. - Le ZIRCON, produit à raison de 10 par mois en 2024, 40 en stock, 0% en interception. - KH22, son amélioration le KH32, missile de l'ère soviétique lancé par TU-22M3 uniquement, 10 unités par mois, 280 unités ont été produites depuis 2023, deux seulement ont été interceptés depuis le début du conflit, taux d'interception de ce missile 0.55%.
Théoriquement, à ce jour l'Ukraine aurait besoin de 4800 missiles d’interception pour contre carrer la menace russe des missiles. Elle a tiré 600 Patriot à ce jour depuis le début du conflit et elle en n'aura plus car la production en Patriot est de 850 unités par an, elle devrait atteindre 1470 unités en 2029, toujours pas assez pour Kiev. En 2025, la Russie a retrouvé son stock stratégique de 2100 missiles et produit plus qu'elle ne tire en utilisant en parallèle sa production massive de drones kamikazes longue portée.
Dossier O.Dujardin Partie 2 sur les missiles russes.
A partir de début 2023, et sur 36 mois d'efforts, la Russie est passée de 40 missiles produits par mois à 195 unités produits par mois sur tous types, la production a été multipliée par 5 en général. En avril 2025, son stock stratégique de 2 100 missiles a été reconstitué. On obtient un surplus de production de 90 missiles par mois avec ce qui est tiré depuis la deuxième moitié de 2025.
Par contre le stock reconstitué est plus efficace que l'ancien car toutes sortes de modernisation ont été apportées à ces missiles en termes de : brouillage électronique, lance-leurres, maniabilité et manœuvrabilité, vitesse et précision de tir, charge explosive, portée améliorée.
Les plus efficaces sont les hypersoniques, supersoniques et balistiques manœuvrant dans les basses couches de l'atmosphère c'est à dire évoluant à moins de 30 km d'altitude, les rendant très difficilement atteignables par une DCA modernisée et organisée par couche.
Le moins efficace est le missile de croisière, d'autant plus s'il ne possède pas de protections sophistiquées, c'est principalement à cause de leur vitesse subsonique, ils sont plus faciles à intercepter surtout par les avions de chasse. Alors les russes ont augmenté leurs protections avec du leurrage renforcé et du brouillage électronique et augmenté la charge explosive au détriment de leur très grande portée. Le tout en lançant des drones de leurrage et kamikazes pour saturer les défenses adverses. Les attaques de missile sont parfaitement corrélées avec celles des drones dans ce cas.
Ce qui démontre que les russes ne voulaient pas entrer dans une guerre d'attrition au début de l'opération militaire spéciale en février 2022, ne possédant pas les stocks suffisants au démarrage concernant la production de missiles. Il a fallu trois années d'efforts intensifs à la Russie pour retrouver une vitesse de croisière percutante pour que leur production de missiles soit en parfaite adéquation avec la guerre d'attrition lancée en Ukraine dès fin 2022. On retrouve le problème américain du moment, ils ne peuvent pas redémarrer la guerre instamment avec Téhéran. Va falloir attendre, alors que l'Iran s'y préparait depuis 2003.
Excellente synthèse d'Olivier Dujardin concernant la production et l'emploi des missiles par la Russie.
Après être passée par une période de rationnement relatif en 2023, la Russie produit actuellement plus de missiles qu'elle n'en consomme en Ukraine, et les missiles récents sont plus perfectionnés, plus difficiles à intercepter. La Russie a réussi une adaptation industrielle dont les USA sont incapables.
Juste une citation pour la mise en bouche : « Intercepter un seul missile balistique Iskander-M requiert, au minimum, deux à trois intercepteurs [Patriot] PAC-3 MSE à 4 millions de dollars l'unité, soit un coût de 8 à 12 millions de dollars. L'Iskander-M lui-même est fabriqué à environ 1,5 million de dollars selon les documents de marchés publics. Le rapport coût défense/coût attaque atteint 8:1 pour les Iskander, et dépasse 20:1 pour les Kh-22/Kh-32 et Zircon. (...) » Avec environ 400 à 500 intercepteurs Patriot annuels pour l'Europe, les pays de l'OTAN seraient en mesure de détruire au maximum 200 à 250 missiles balistiques russes par an alors que la Russie en produit plus de 1 000. » Mais l'Europe veut entrer en guerre contre la Russie, en 2029 selon certains, et la vaincre. Du pur délire.
Pour lire l'article en entier : https://www.lettrevigie.com/missiles-en-ukraine-o-dujardin/
Merci.
RépondreSupprimerDossier d'Olivier Dujardin sur les missiles russes. Partie 1.
Depuis 51 mois les russes ont envoyé 5 800 missiles guidés sur l'Ukraine de tous types. En 2022, leur réserve stratégique s'établissait entre 2000 et 2300 missiles. En 2022, les russes ont tiré plus qu'ils ne pouvaient produire, comme viennent de le faire les USA avec le dossier iranien. Ce pourquoi en tout début d'année 2023, les russes ont copié les iraniens avec leurs drones longue portée kamikazes Shahed parce que leur réserve stratégique en missile avait pris l'eau. Il ne faut pas oublier l'aide des nord-coréens avec leur missiles balistiques KN-23, la copie de l'Iskander en 2023 également.
C'est à cette époque où on entendait que les russes n'ont plus de missiles sur tous nos médias nationaux.
Le creux de la vague s'est concentré entre décembre 2022 et juin 2023 et ce n'est qu'à partir de juillet 2023 que les capacités industrielles de la Russie sont remontées en termes de production de missiles.
La capacité de production de KH-101 est passée de 15% à 40% en décembre 2024.
L'hiver dernier on a atteint des records en tir de missiles de la part des russes avec 288 missiles tirés en février 2026.
Moscou a réagi avec son complexe militaro-industriel et aujourd'hui :
- La production de missiles KH101- KH555 a été X 12 soit 700 unités par an.
- 30 à 40 missiles KALIBR produits par mois, soit 450 sur les deux dernières années.
- P-800 ONIKS, cadence de production de 10 par mois, stock aux alentours de 700, taux d’interception 5.69% soit 12 sur 211 de tirés depuis le début du conflit.
- ISKANDER M 9M723, en 2023 la production a été X6, production de 60 à 70 mois, augmentation de 1500% depuis 2022, en 2024-2025 ajout de 303 unités complémentaires à produire.
- ISKANDER K 9M729, 20 produits par mois avec une portée supérieure à 500 km.
- Le KHINZAL était produit à raison de 2 unités par mois en 2023, en 2025 ils produisent 15 unités par mois, stock aux environs de 150.
- Le ZIRCON, produit à raison de 10 par mois en 2024, 40 en stock, 0% en interception.
- KH22, son amélioration le KH32, missile de l'ère soviétique lancé par TU-22M3 uniquement, 10 unités par mois, 280 unités ont été produites depuis 2023, deux seulement ont été interceptés depuis le début du conflit, taux d'interception de ce missile 0.55%.
Théoriquement, à ce jour l'Ukraine aurait besoin de 4800 missiles d’interception pour contre carrer la menace russe des missiles. Elle a tiré 600 Patriot à ce jour depuis le début du conflit et elle en n'aura plus car la production en Patriot est de 850 unités par an, elle devrait atteindre 1470 unités en 2029, toujours pas assez pour Kiev.
En 2025, la Russie a retrouvé son stock stratégique de 2100 missiles et produit plus qu'elle ne tire en utilisant en parallèle sa production massive de drones kamikazes longue portée.
Dossier O.Dujardin Partie 2 sur les missiles russes.
RépondreSupprimerA partir de début 2023, et sur 36 mois d'efforts, la Russie est passée de 40 missiles produits par mois à 195 unités produits par mois sur tous types, la production a été multipliée par 5 en général.
En avril 2025, son stock stratégique de 2 100 missiles a été reconstitué.
On obtient un surplus de production de 90 missiles par mois avec ce qui est tiré depuis la deuxième moitié de 2025.
Par contre le stock reconstitué est plus efficace que l'ancien car toutes sortes de modernisation ont été apportées à ces missiles en termes de : brouillage électronique, lance-leurres, maniabilité et manœuvrabilité, vitesse et précision de tir, charge explosive, portée améliorée.
Les plus efficaces sont les hypersoniques, supersoniques et balistiques manœuvrant dans les basses couches de l'atmosphère c'est à dire évoluant à moins de 30 km d'altitude, les rendant très difficilement atteignables par une DCA modernisée et organisée par couche.
Le moins efficace est le missile de croisière, d'autant plus s'il ne possède pas de protections sophistiquées, c'est principalement à cause de leur vitesse subsonique, ils sont plus faciles à intercepter surtout par les avions de chasse.
Alors les russes ont augmenté leurs protections avec du leurrage renforcé et du brouillage électronique et augmenté la charge explosive au détriment de leur très grande portée. Le tout en lançant des drones de leurrage et kamikazes pour saturer les défenses adverses. Les attaques de missile sont parfaitement corrélées avec celles des drones dans ce cas.
Ce qui démontre que les russes ne voulaient pas entrer dans une guerre d'attrition au début de l'opération militaire spéciale en février 2022, ne possédant pas les stocks suffisants au démarrage concernant la production de missiles. Il a fallu trois années d'efforts intensifs à la Russie pour retrouver une vitesse de croisière percutante pour que leur production de missiles soit en parfaite adéquation avec la guerre d'attrition lancée en Ukraine dès fin 2022. On retrouve le problème américain du moment, ils ne peuvent pas redémarrer la guerre instamment avec Téhéran. Va falloir attendre, alors que l'Iran s'y préparait depuis 2003.
Excellente synthèse d'Olivier Dujardin concernant la production et l'emploi des missiles par la Russie.
RépondreSupprimerAprès être passée par une période de rationnement relatif en 2023, la Russie produit actuellement plus de missiles qu'elle n'en consomme en Ukraine, et les missiles récents sont plus perfectionnés, plus difficiles à intercepter. La Russie a réussi une adaptation industrielle dont les USA sont incapables.
Juste une citation pour la mise en bouche :
« Intercepter un seul missile balistique Iskander-M requiert, au minimum, deux à trois intercepteurs [Patriot] PAC-3 MSE à 4 millions de dollars l'unité, soit un coût de 8 à 12 millions de dollars. L'Iskander-M lui-même est fabriqué à environ 1,5 million de dollars selon les documents de marchés publics. Le rapport coût défense/coût attaque atteint 8:1 pour les Iskander, et dépasse 20:1 pour les Kh-22/Kh-32 et Zircon.
(...)
» Avec environ 400 à 500 intercepteurs Patriot annuels pour l'Europe, les pays de l'OTAN seraient en mesure de détruire au maximum 200 à 250 missiles balistiques russes par an alors que la Russie en produit plus de 1 000. »
Mais l'Europe veut entrer en guerre contre la Russie, en 2029 selon certains, et la vaincre. Du pur délire.
Pour lire l'article en entier :
https://www.lettrevigie.com/missiles-en-ukraine-o-dujardin/