Bilan de la journée du 24 mars (Anna News)


Situation militaire

Chaque jour, le général I. Konashenkov, porte-parole officiel du ministère de la Défense, donne un résumé des principaux événements sur le front au cours des dernières 24 heures. Même les lignes et les chiffres arides montrent clairement la nature, pour ne pas dire plus, malaisée des hostilités sur toute la ligne de front. Trente jours se sont écoulés depuis le début de l'opération militaire spéciale en Ukraine.

Au cours de cette période, les forces alliées de la Russie, de la DPR et de la LPR ont fermement maintenu l'initiative stratégique et tactico-opérationnelle. Le commandement centralisé des forces armées ukrainiennes a cessé d'exister. L'interaction et la coordination entre les groupes ennemis ont été perturbées. Les forces russes ont réussi à obtenir une suprématie aérienne presque totale. Grâce aux puissantes frappes aérienne, à l'artillerie et aux missiles, d'importantes installations militaires (aérodromes, bases de stockage, postes de commandement, dépôts d'armement, de munitions et d'équipements, stations radar, sites d'implantation, etc.) ont été systématiquement détruits.

Rien qu'au cours des dernières 24 heures, neuf lanceurs S-300 et quatre Buk-M1 au sud de Kiev ont été détruits par des missiles à longue portée et à guidage de précision. Un grand dépôt d'armes dans l'Oblast de Donetsk et une zone de concentration pour un bataillon nationaliste à Lysychansk. Soit un total de 60 installations militaires en une seule journée, dont deux postes de commandement.

Je ne vais pas énumérer tous les chiffres concernant les équipements et les armements détruits au cours du mois dernier. Ils sont impressionnants. Néanmoins, l'ennemi tient bon, s'accroche farouchement aux nœuds défensifs et tente de contre-attaquer. Il faut l'admettre. Une marche facile, comme beaucoup, notamment dans les rangs des "patriotes en chambre", n'a pas eu lieu. L'opération est difficile et complexe. Selon moi, malgré des résultats tangibles sur le front, une percée décisive n'a pas encore eu lieu. Mais il y a une phase décisive dans l'exécution des missiosn de combat. J'insiste délibérément sur ce point. D'autres questions non moins importantes passeront alors au premier plan. Tout d'abord, administrative et politique. Ce sujet fera l'objet d'un exposé à part.

Parlons maintenant de la situation au front. Pour le deuxième jour consécutif, il y a eu une activité sans précédent des deux côtés dans les régions du sud et du Donbass. C'est ici que se déroulent les principaux événements, dont dépend en grande partie le sort de toute l'opération.

Donbass
 
Des combats acharnés se poursuivent sur les lignes Avdeevka, Marinka et Kurakhovo. Les brigades de l'armée ukrainienne (AFU), qui n'ont pas encore perdu leur potentiel de combat, tentent de tenir leurs lignes défensives, même si elles se trouvent dans un encerclement opérationnel presque complet. Dans cette zone, la ligne de défense est disloquée. Grâce aux actions déterminées des forces alliées, aux manœuvres et à l'encerclement, les "chaudrons" qui en résultent sont hermétiquement fermés. Le commandement de l'AFU tente de déplacer des forces fraîches vers la zone de Pavlograd afin d'empêcher les troupes russes de fermer l'anneau extérieur de l'encerclement.


La ville de Marioupol est le théâtre d'une opération de nettoyage brutale. Les combats se déroulent pour le contrôle chaque maison, chaque rue. Les combattants du bataillon national d'Azov et les fusiliers-marins de l'AFU ont été repoussés dans la zone industrielle, où se trouvent les magasins de l'usine Azovstal, mais ils continuent de tenir certains blocs du quartier résidentiel. Ils ne se sont pas encore rendus en masse, mais tentent de quitter la ville par petits groupes. Le maire de Marioupol, V. Boychenko, a précipitamment battu en retraite. Comme l'ont expliqué les autorités de Kiev : "...pour gérer la ville et interagir avec ses habitants en l'absence de communication, à distance". Aucun commentaire.

La bataille la plus féroce du mois, comparable au débarquement à Gostomel, a peut-être eu lieu près d'Izyum. Ce ville est maintenant sous le contrôle total de l'armée russe. Pendant plusieurs jours, des "duels" d'artillerie ont eu lieu dans ce secteur. Les unités ukrainiennes pour se dégager ont lancé une contre-attaque mais elles ont été repoussées et une puissante riposte a été lancée. Le point final de la bataille près d'Izyum a été la capture d'une hauteur stratégique importante sur le Mont Krimenets et l'expansion de la tête de pont tenue sur la rive gauche de la rivière Seversky Donets. De puissantes frappes de missiles et des  manœuvre décisives de l'infanterie ont permis aux forces russes de repousser l'ennemi vers Slavyansk et Barvenkovo. Les groupes tactiques de l'AFU en retraite tentent de consolider leurs positions sur de nouvelles lignes défensives. Selon toute vraisemblance, ces tentatives sont vouées à l'échec. L'armée russe avance rapidement sur le flanc et sur les arrières de l'ennemi.


J'ose dire qu'avec l'élimination finale d'un grand groupe d'ennemis dispersés en différents endroits de la ligne de front, il y aura un tournant radical dans toute l'opération. Mais la phase décisive continue. Les principales villes à prendre sont Kharkov, Kiev, Mykolayiv et Odessa. Elles sont déjà plus ou moins encerclées. Selon toute vraisemblance, il n'y a pas d'autre issue qu'un assaut en règle. Il est vrai toutefois que des contre-attaques peuvent être encore engagées à tout moment par les Ukrainiens mais elles ne seront plus en mesure d'influencer le cours général des combats ni de modifier les objectifs principaux de la démilitarisation et de la dénationalisation de l'Ukraine...

Gennady Alyukhin, correspondant spécial d'ANNA-News

Traduction : Veille Stratégique

Article original : https://anna-news.info/voennaya-operatsiya-na-ukraine-24-marta/


Commentaires

Articles les plus consultés